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Paul Sacher – Heinz Holliger, OCL : Veress, Dutilleux and Bartòk Âge conseillé 0+ Ref: 6254
 
Trois chefs-d’oeuvre liés entre eux par des liens forts, touchants et parfois secrets : en premier lieu, par le mécène et chef d’orchestre suisse Paul Sacher qui a passé commande aux trois compositeurs. Ensuite, une couleur instrumentale au parfum d’Europe centrale chez Bartók et Veress mais également chez le français Dutilleux qui utilise, sous doute en forme d’hommage, l’un des instruments emblématiques de la Hongrie : le cymbalum.

Trois grands classiques du XXe siècle interprétés par Heinz Holliger, compositeur, chef d’orchestre, hautboïste et pianiste ; ami de Paul Sacher, il fut aussi l’élève de Sándor Veress dans la classe de composition à Berne. Le pianiste hongrois Dénes Várjon – qui fut Prix Géza Anda à Zürich – interprète avec délicatesse et conviction le concerto de Veress, un compositeur qu’il défend avec bonheur (on se souvient du stupéfiant Hommage à Paul Klee pour deux pianos et orchestre avec András Schiff et Heinz Holliger pour Teldec).

Le trio d’interprètes se compose enfin d’un des meilleurs orchestres de chambre suisses du moment dont les trois oeuvres présentées sur cet enregistrement constituent la base du répertoire : l’Orchestre de Chambre de Lausanne.

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Il fait partie des «monstres sacrés» du piano. Pédagogue hors pair – il a formé des stars comme Arcadi Volodos ou Claire-Marie Le Guay – Dmitri Bashkirov fait ses débuts chez Claves dans un programme avec orchestre des plus originaux. Face à face: le plus célèbre des fils musiciens de Jean-Sébastien Bach, Carl Philip Emanuel, précurseur des grands Romantiques, et un Ludwig van Beethoven rare. On joue très peu en effet ce Concerto op. 61a qui reprend quasiment note pour note l'épure originale du Concerto pour violon op. 61: réalisée deux ans après l'achèvement de ce dernier, cette transcription – Etienne Barilier suggère dans le livret le terme de «transposition» – est entourée de mystère. Est-elle la conséquence de l'insuccès qu'a connu l'œuvre à ses débuts, ou la réponse de Beethoven à une sollicitation du pianiste et éditeur Muzio Clementi qui lui a commandé la partition? Au-delà de ces questions qui demeurent ouvertes, Barilier salue l'intérêt de son couplage avec le Concerto en ut mineur de CPE Bach: «Bach avait écrit pour le clavecin; le recours au piano tend à “moderniser” son univers. Tandis que de son côté, le piano quasi monodique de Beethoven a quelque chose d’archaïque et de curieusement dépouillé, qui fait reculer son œuvre dans le temps. Si bien qu’à nos oreilles, les deux concertos tendent à se rapprocher, témoignant d’une “sensibilité” presque comparable, à la fois vive et sereine, et d’une même expressivité, profonde et sans pathos. Pour Carl Philip Emanuel Bach, les orages du Romantisme sont encore loin. Pour Beethoven, ils sont vraiment tout proches, mais dans cette œuvre étrange, il les tient en respect.» Ajoutez à la prestation magistrale de Dmitri Bashkirov un accompagnement d'une rare finesse de l'Orchestre de Chambre de Lausanne sous la baguette de Péter Csaba, et vous tenez un enregistrement qui fera date.
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